
Je lis ces derniers temps des écrits pas gentils pour ne pas dire infamants sur l'Emir Abdelkader accusé de reddition alors que l'illustre résistant dont l'algérianité n'a pas à être contestée ne fut réduit à capituler que parce qu'il fut trahi et qu'il exposait son peuple au génocide face à une puissance sans morale ni scrupules et qui a démontré à travers ses massacres qu'elle n'hésiterait pas à prendre prétexte de toute velléité de poursuite de la résistance pour appliquer la "solution finale"...
Cela m'a rappelé une autre "résistante" qui n'avait rien d'algérienne et qui n'a mobilisé les troupes que pour défendre sa seule autorité...
Cette "héroïne" qui ne s'est pas rendue parce que sa reddition lui a été refusée est adulée par certains qui seraient même très heureux de remplacer la statue de l'Emir par la sienne et de voir son effigie en filigrane à la place de la sienne sur nos billets de banque...
Tout en sachant à quelle curée je m'expose, je republie pour vous ces quelques pages extraites du livre: " "LES JUIFS ALGÉRIENS, LEURS ORIGINES", de Henri Garrot, publié en 1898 et que j'ai pu télécharger avant qu'il ne soit inexplicablement retiré du site qui l'avait proposé parmi d'autres livres tombés dans le domaine public...
......
Après la mort de Koceïla et le départ des Arabes, les indigènes de l’Afrique du Nord avaient reconnu l’autorité d’une femme : Daya bent Tabet, une Juive, plus connue sons le nom de la Kahéna ou devineresse. Ses intimes relations avec Koceïla, roi des Berbères et la part qu’elle avait prise au guet apens de Tehouda, par elle organisé, où, Okba et ses compagnons avaient trouvé la mort, l’avaient mise en relief.
......
Après la mort de Koceïla et le départ des Arabes, les indigènes de l’Afrique du Nord avaient reconnu l’autorité d’une femme : Daya bent Tabet, une Juive, plus connue sons le nom de la Kahéna ou devineresse. Ses intimes relations avec Koceïla, roi des Berbères et la part qu’elle avait prise au guet apens de Tehouda, par elle organisé, où, Okba et ses compagnons avaient trouvé la mort, l’avaient mise en relief.
Cette femme était issue de l’une des familles appartenant à ces tribus juives venues de la Cyrénaïque et de l’Égypte, réfugiées dans les Aurès après la dispersion ordonnée par Hadrien en 117, tribus fédérées entre elles, sous le nom de Djeraoua.
Elle était la fille d’un nommé Tabet, fils d’Enfak, et appartenait à la tribu des Cahen, prêtres issus de la famille d’Aaron.
Élevée dans la tradition de la science des mages de Chaldée, elle était initiée à toutes les pratiques de sorcellerie et de divination. Il lui avait été facile, grâce à, ses sortilèges, de prendre un empire considérable sur l’esprit peu cultivé des peuplades berbères.
Par sa famille, elle appartenait à la caste des nobles de Judée ; et comme les tribus juives réfugiées, avaient pullulé depuis leur arrivée dans les Aurès ; qu’elles avaient fourni d’importants contingents aux prises d’armes des combattants pour l’indépendance de l’Afrique, elle avait fréquemment assisté aux conseils des chefs et souvent ses prévisions s’étaient trouvées réalisées.
Elle avait organisé la résistance à l’Islam, et après avoir pris part avec ses gens au guet-apens dans lequel Sidi Okba avait trouvé la mort, elle avait contribué à repousser Zoheïr.
Sa réputation de sorcière ou de devineresse était universelle dans toute l’Afrique ; elle avait su en tirer parti. Aussi, après la mort de Koceïla un grand nombre de Berbères s’étaient-ils joints à elle. Les Grecs eux-mêmes, demeurés isolés après l’évacuation définitive de l’Afrique en 698 par le patrice Jean, espérant rencontrer un appui, se ralliaient autour d’elle ; et dans ses retraites fortifiées de l’Aurès, la Kahéna pouvait compter opposer un nombre considérable de combattants aux incursions arabes toujours menaçantes.
En 699 (79 de l’hégire), l’émir Hassan ben Nomân qui venait de s’emparer de Carthage abandonné par les Byzantins, se prépara à marcher contre les défenseurs de l’Aurès.
Dès que la Kahéna apprit l’approche de l’ennemi, elle descendit des montagnes et alla l’attendre aux environs de la ville de Baraï, située à peu de distance de la ville actuelle d’Aïn-Beïda.
Elle commença par expulser les habitants de cette place forte et détruisit la ville, de peur que l’ennemi ne s’y fortifiât.
Puis, elle établit dans la plaine, des lignes de défense, derrière lesquelles elle attendit l’attaque.
Les deux armées se rencontrèrent sur les bords de l’Oued Nini.
La bataille fut acharnée ; les Musulmans avaient à coeur de venger Okba, mais les Berbères commandés par d’anciens officiers de Koceïla, firent vers le soir une attaque impétueuse, qui décida du succès de la journée.
Les Arabes culbutés, enfoncés de toutes parts, furent mis en pleine déroute.
L’armée d’Hassan fût presque anéantie. Le massacre fut tel, que les eaux de la rivière étaient rouges de sang.
Hassan, poursuivi l’épée dans les reins, ne s’arrêta que derrière les retranchements de Barka.
La devineresse profitant du prestige de sa victoire, établit aussitôt sa domination sur toute l’Afrique et se proclama reine sous le nom de Kahéna, qui signifie en hébreu aussi bien prêtresse, que sorcière. Son premier acte fut d’imposer le Mosaïsme dans son nouvel empire.
Au nombre des captifs demeurés aux mains du vainqueur après la bataille de l’Oued Nini, se trouvait un jeune homme d’une grande beauté, nommé Khaled, fils de Yézid, de la tribu arabe de Kaïs. La reine s’éprit du jeune prisonnier, le combla de présents, et afin de le séparer de tout ce qui pouvait le distraire d’elle, de l’avoir ainsi bien à elle seule, elle rendit la liberté à tous ses compagnons de captivité.
Emportée par la violence de son amour pour ce jeune étranger, elle publia sa liaison et l’affirma dans une fête donnée à cet effet.
Ayant convoqué les généraux berbères, les chefs des Grecs et ceux des Juifs qui marchaient après elle, à une assemblée formant sa cour, elle se montra sans voiles, couchée; tenant Khaled enlacé dans ses bras, prodiguant à son amant, les signes les plus manifestes d’une ardente passion.
Il est plus facile de penser que la reine, déjà âgée, était arrivée à ce moment de la vie où la femme qui aime, s’absorbant dans son amour, fait fi de toutes les conventions. Elle aimait de toute l’ardeur des femmes de sa race, quand ces femmes peuvent aimer ; et elle trouvait un bonheur nouveau dans la publicité donnée par elle à sa passion. Du reste, n’était-elle pas la reine incontestée, la reine triomphante, la puissante souveraine aux ordres de laquelle toutes les populations de l’Afrique du Nord obéissaient alors ?
Aussi, pour être bien assurée de conserver Khaled, d’enlever à cet objet de son amour, tout moyen d’évasion ; d’empêcher qu’un retour toujours à prévoir des Musulmans, vint un jour lui enlever l’homme qui pour elle était toute la vie, elle prit une résolution, laquelle tout en servant les intérêts momentanés de sa passion, ne lui on aliéna pas moins la fidélité de ses nouveaux sujets, lui réservant dans l’histoire de l’Afrique une page qui la met au rang des grands fléaux des peuples.
Par ses ordres, les places fortes de l’Afrique du Nord furent démantelées, les édifices renversés et les villes détruites.
Les troupeaux furent égorgés, les aqueducs rompus, les sources taries et les puits comblés. Les forêts furent incendiées, les jardins dévastés, les champs restèrent sans culture.
Tout ce que la civilisation romaine avait mis 700 ans à cultiver et embellir ; tout ce que cette civilisation que nous nous efforçons d’essayer de copier, avait produit de beau et de durable, disparût en un jour.
Cette admirable contrée du Nord de l’Afrique, si fertile et si belle, qui n’était des Syrtes à l’Océan qu’une succession non interrompue de bosquets ; où l’on pouvait cheminer de Gabés à Tanger, constamment abrité de l’ombre des grands arbres ; où les sources brillantes de partout jaillissantes, répandaient
la fraîcheur de leurs clairs ruisseaux et la fertilité, fit place à un immense et sauvage désert…
la fraîcheur de leurs clairs ruisseaux et la fertilité, fit place à un immense et sauvage désert…
Mais la reine n’avait qu’un but : dévastant le pays, elle croyait enlever aux envahisseurs tout espoir de trouver à se ravitailler dans leurs courses nouvelles. Si elle conservait, en agissant ainsi pensait-elle, son amant, elle ne conserva pas ses peuples et ses alliés.
En effet, les Berbères et les Grecs, forcés d’embrasser le Mosaïsme, religion détestée, voyant d’autre part disparaître en un jour avec leur fortune, le fruit de séculaires efforts, furent profondément irrités et se détachèrent de la souveraine, laquelle bientôt, demeura seule avec ses Juifs, enfermée, dans, ses refuges presque inexpugnables de l’Aurès, soumettant son amant à la surveillance la plus étroite.
Mais, Khaled fatigué des marques d’expansion de sa vieille maîtresse, rêvait de son côté à des femmes plus jeunes ; il préférait la liberté aux faveurs dont la Juive le comblait. Aussi, parvint-il à gagner à prix d’argent des émissaires parmi les cavaliers des juifs des tribus, employée à sa garde.
Dans une expédition dont il avait le commandement contre les mécontents, rapidement réduits, il pût, au moyen de galettes dans lesquelles il avait enfermé avant leur cuisson, des messages secrets, informer l’émir, demeuré à Barka, de la situation précaire faite à la Kahéna. Il dépeignit l’abandon des alliés, les soulèvements partiels mais fréquents, le mécontentement des Berbères et des Grecs. Il traduisît les ferments de révolte chez ces populations ruinées et troublées dans leur foi, par les caprices de la sorcière le retenant captif.
Hassan, qui ne songeait qu’à venger sa défaite, parfaitement renseigné par Khaled de la situation de son ennemie, profita bientôt de l’arrivée de renforts en hommes et en argent et se mit en campagne (703).
Dès qu’ils purent apprendre la marche de l’ennemi, les Berbères et les Grecs, lesquels, dans un but de défense commune contre l’Arabe envahisseur, s’étaient autrefois groupés autour de la reine, devenus misérables par suite de ses dévastations, séparèrent leur cause de la sienne ; et la Kahéna se trouva à la veille du danger, réduite aux seules forces des gens de sa tribu.
Hassan avait beau jeu ; il ne perdit pas son temps, et marcha directement sur l’Aurés, en passant par Gabès et Gafsa.
La Kahéna connaissait trop l’ennemi auquel elle avait affaire, pour conserver la moindre illusion sur le sort qui lui était réservé.
Dans le but de tirer vengeance des Berbères et des Chrétiens qui l’avaient abandonnée, elle fit des ouvertures à l’émir, lui offrant de passer avec ses forces au service des Musulmans.
Elle envoya Khaled avec ses fils, en otages aux Arabes, mais l’émir n’accepta pas la soumission offerte et garda les otages.
La Kahéna se vit alors obligée de se retirer dans ses retraites de l’Aurès, où bientôt atteinte, elle dût accepter le combat.
La bataille fut longue, elle fut acharnée. Les Juifs, à la tête desquels quelques anciens officiers de Koceïla étaient encore restés, purent un moment espérer pouvoir repousser l’ennemi; mais leurs positions, imprenables de face, furent à la fin de la journée tournées par les Arabes guidés par Khaled et ils
furent en partie massacrés.
furent en partie massacrés.
La reine cependant, avait pu échapper au désastre de son armée, à la ruine de sa fortune, à la trahison de son amant.
Comme les Arabes tenaient à s’emparer de sa personne, sa tête étant mise à prix, la Kahéna envoya ,à l’émir la tête d’une femme avec laquelle elle avait quelque ressemblance, accréditant ainsi le bruit de sa mort.
Entourée d’un petit nombre de compagnons demeurés fidèles dans l’adversité, elle put avant de mourir, pleurer au désert sa puissance disparue et son amour perdu.
On montre son tombeau à Bir-el-Kahéna.
Ceux de sa tribu épargnés embrassèrent l’Islamisme. Ils fournirent même à l’émir victorieux un corps de douze mille auxiliaires, à la tête desquels les fils de la Kahéna furent placés, sous le commandement immédiat de Khaled, investi de toute la confiance d’Hassan.
Ces juifs convertis, firent à leur tour une guerre Implacable aux Berbères et aux Grecs ; et c’est grâce à leur concours, que l’émir pût rapidement réduire les derniers éléments de résistance, qui tenaient encore en Afrique, 705.
La conquête de l’Afrique par l’Islam devint alors définitive.
NB. Prière commenter le texte sans vous en prendre à ma personne...
Aucun commentaire:
Enregistrer un commentaire